Dans l'espace francophone, le leadership scolaire présente des réalités diverses. Au Québec et en Ontario, il s'est intégré aux référentiels de compétences, à la formation des directeurs et à la recherche. En France, il demeure marginal : souvent perçu comme une importation anglo-saxonne ou comme un jargon managérial étranger aux valeurs de l'école républicaine. La notion de pilotage, issue de l'ingénierie des systèmes complexes, continue néanmoins d'influencer la culture professionnelle des cadres. La communication propose d'analyser cette asymétrie en distinguant quatre registres du travail des directions (administration, gestion, pilotage, leadership) et montre que le pilotage ne reflète pas la diversité de l’engagement des directeurs au quotidien. Elle examine aussi trois résultats : un effet indirect et significatif de la direction sur la réussite scolaire (12 à 20 % des écarts, avec une composition sociale équivalente), les conditions exigeantes du leadership distribué, et l'existence de constantes au-delà des cultures et des contextes nationaux (donner une orientation, développer les personnes, transformer l'organisation, se concentrer sur les apprentissages). Cependant, le leadership, quel que soit le pays, reste toujours influencé par l'histoire, la culture et le cadre institutionnel.
Organisée conjointement avec le Pôle de recherche en gestion de l’éducation - CRIFPE
Conférencier : Romuald Normand - Université de Strasbourg