L'instauration d'un système de bons d'éducation permettrait à davantage d'élèves québécois de tirer profit d'une concurrence accrue entre les écoles. C'est ce que soutient l'IEDM dans une Note économique publiée le 25 août.
« Pour beaucoup de parents québécois, le choix de l'école de leur enfant dépend encore de leur code postal », explique Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l'IEDM et auteur de la publication. « Avec un système de bons d'éducation, comme en Suède, le financement suivrait l'élève, ce qui permettrait à davantage de jeunes Québécois de choisir l'école qui leur convient le mieux. »
Un financement qui suit l'élève
En ce moment, les élèves québécois inscrits au programme régulier sont envoyés, par défaut, à l'école de leur quartier en fonction du code postal de leur résidence. Cela a pour effet de limiter le choix des élèves qui n'auraient pas les notes ou les moyens financiers suffisants pour fréquenter une école privée ou un programme particulier.
Avec un programme de bons d'éducation, le financement suit l'élève, qu'il fréquente une école publique, un programme particulier ou une école privée. Cela permet aux parents et aux élèves de choisir l'école qui correspond le mieux à leurs besoins.
Les écoles reçoivent alors un financement proportionnel au nombre d'élèves qu'elles accueillent. Pour se démarquer, elles doivent démontrer la qualité de leur enseignement et offrir un cadre scolaire répondant aux attentes des familles. C'est cette concurrence qui crée une incitation à améliorer la qualité des services, ce qui permet d'attirer davantage d'élèves.
Une recension de 203 études publiées en 2026, évaluant l'effet des programmes de choix en éducation, conclut que 83 pour cent des études rapportent des résultats positifs pour les élèves.
Dans la composante réussite éducative - mesurée par l'obtention d'un diplôme -, 75 pour cent des études analysées indiquent que le choix scolaire augmente les chances de réussite des élèves qui en bénéficient. Aucune n'aboutit à des résultats contraires.
Enfin, 90 pour cent des études examinant l'impact sur les établissements publics environnants concluent à des effets positifs.
Un modèle à succès en Suède
La Suède a mis en place les bons d'éducation en 1992. À l'époque, la proportion d'élèves fréquentant des écoles indépendantes était inférieure à un pour cent. Cette proportion est passée à 16,4 pour cent au primaire et au secondaire inférieur et monte à 31,5 pour cent au secondaire supérieur, selon les données de l'année scolaire 2025-2026.
Des études mettent également en lumière de meilleurs résultats scolaires et une plus grande probabilité de poursuivre des études universitaires dans les municipalités où les écoles indépendantes ont progressé davantage.
L'une d'entre elles conclut également que la concurrence scolaire a contribué à l'amélioration des résultats de la Suède aux évaluations internationales. Il est estimé que les résultats suédois au Trends in International Mathematics and Science Study auraient été sept points plus faibles sans cette concurrence.
« En Suède, accorder aux parents et aux enfants le choix des écoles n'a pas seulement amélioré les résultats des élèves; cela a également amélioré la qualité des écoles », souligne Gabriel Giguère.
Le Québec doit aller plus loin
Les élèves du Québec bénéficient déjà des bienfaits de la concurrence en matière d'éducation grâce aux programmes particuliers et aux écoles privées. En instaurant le système suédois des bons d'éducation, il élargirait ce choix et les bénéfices qui en découlent à davantage d'élèves.
La liberté de choix serait beaucoup plus grande et profiterait à davantage de familles, en réduisant les barrières financières et géographiques auxquelles les élèves sont confrontés.
« Le Québec n'a pas à réinventer la roue », conclut M. Giguère. « La Suède et plusieurs études ont démontré qu'un système de bons peut améliorer les résultats de tous les élèves. C'est cette direction que le Québec devrait prendre. »
Vous pouvez consulter la Note économique de l'IEDM en cliquant ici.









