Avant de boucler un trimestre de cours, Gabriel Maracle teste le sens du discernement de sa classe avec une question déconcertante : « Que penseriez-vous de votre expérience dans ce cours si, deux semaines après la fin du cours, il s'avérait que je ne suis pas Autochtone, mais en fait Italo-Américain ? »
En posant cette question réflexive, le professeur de sciences politiques à l'Université Carleton évalue les acquis de ses élèves en matière d'épistémologie autochtone. Surtout, l'expert en gouvernance autochtone canadienne brise la glace sur ce sujet épineux et jauge la capacité des apprenants à discerner les vrais des fauxtochtones, un néologisme désignant les faux Autochtones. Son objectif est de les préparer à relever les défis majeurs à l'intersection entre intégrité scientifique et autochtonisation.
On recense, dans les dernières années, des dizaines de cas médiatisés d'impostures, auxquels s'ajoute la récente révélation, en novembre, que l'auteur et conférencier largement enseigné dans les universités, Thomas King, serait en réalité un nouvel exemple du fauxtochtone. Un sujet encore trop sensible pour être abordé, confie M. Marcale, Mohawk originaire de la Baie de Quinte.










