Malgré le manque de personnel dans les services d'orientation et des compressions historiques de 151 M$ l'an dernier, le nombre d'étudiantes et d'étudiants qui fréquentent un établissement collégial connaît une forte croissance année après année. Il s'agit d'une étape déterminante pour de nombreuses personnes étudiantes qui cherchent à mieux se connaître et à tracer une voie vers leur future profession parmi les innombrables chemins qu'offre la formation collégiale. C'est donc un défi de taille pour lequel il vaut mieux être bien accompagné.
Les conseillères et conseillers d'orientation (C.O.) jouent un rôle crucial afin de les soutenir dans l'exploration de leurs intérêts, l'identification de leurs forces ainsi que la compréhension des exigences des programmes et des réalités du marché du travail. Dans les cégeps, on compte présentement jusqu'à 2 000 étudiants pour chaque C.O. Les délais pour obtenir un rendez-vous dépassent fréquemment trois semaines, ce qui est élevé considérant la durée des sessions. Les listes d'attente s'allongent et nuisent à la capacité du personnel des services d'orientation à offrir un accompagnement adéquat, ce qui ne fait qu'accentuer le risque bien réel d'abandon des études. Cette situation est notamment attribuable aux décisions politiques et au manque de financement disponible pour remplacer le personnel absent ou ajouter le personnel nécessaire, ce qui surcharge les personnes qui restent.
Consultés par l'Association des conseillères et conseillers d'orientation du collégial (ACOC), les C.O. y vont de constats alarmants. Une large majorité d'entre eux témoigne de l'augmentation de la charge de travail attribuable aux compressions actuelles. Plusieurs ont même observé des bris de services et des situations rehaussant la vulnérabilité de la clientèle. Face à l'état de surcharge qui est le leur, la majorité travaille au-delà des heures payées. Accompagner un être humain dans un choix de vie demande du temps, de l'écoute et une expertise reconnue.
Par ailleurs, les professionnelles et professionnels de l'orientation font face à des contradictions grandissantes entre les exigences imposées par leurs employeurs et les normes qui encadrent leur profession. Les compressions nous font craindre un appauvrissement des pratiques et une érosion des savoirs institutionnels. Le sous-financement structurel des cégeps est intenable. Alors que nos dirigeants politiques débattent du tracé que prendrait un éventuel troisième lien entre Québec et Lévis, nos cégeps se dégradent sous nos yeux.
Nous demandons au gouvernement de réinvestir dans les cégeps afin de soutenir les services d'orientation et les services aux personnes étudiantes dans leur ensemble. Rappelons-nous que chaque dollar octroyé aux cégeps est un investissement payant dans notre avenir collectif. Assurons-nous donc que chaque personne qui franchit les portes de nos cégeps puisse aller au bout de ses aspirations en étant bien accompagnée.
Signataires :
Éric Lafrenière, président de l'Association des conseillères et conseillers d'orientation du collégial (ACOC)
Éric Cyr, président de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ)
Ryan W. Moon, vice-président de la Fédération des professionnèles (FP-CSN)
Guillaume Bouvrette, président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)









