À l'occasion des consultations prébudgétaires 2026-2027 que mène actuellement le ministre des Finances, Éric Girard, la Fédération des cégeps a présenté son mémoire intitulé Investir dans les cégeps : Se donner les moyens de former et d'innover pour la réussite du Québec.
Dans un contexte de forte croissance de la population étudiante et de pressions financières accrues, les demandes du réseau collégial public en vue du prochain budget du Québec sont claires et chiffrées : 75 M$ en financement de fonctionnement pour soutenir la réussite étudiante, la formation continue et la recherche, et 950 M$ en investissements pour les infrastructures et les équipements pédagogiques.
Alors qu'ils sont présents dans toutes les régions du Québec et forment déjà plus de 213 000 étudiantes et étudiants, les cégeps devront composer avec une hausse rapide de l'effectif régulier de plus de 30 000 personnes étudiantes d'ici l'automne 2029, selon les prévisions du ministère de l'Enseignement supérieur. Cette croissance exige non seulement des espaces suffisants pour recevoir les étudiantes et étudiants, mais aussi des ressources humaines et financières adéquates pour soutenir pleinement leur réussite et leur persévérance jusqu'à l'obtention de leur diplôme.
Or, les cégeps ont plutôt fait face à un manque à gagner historique de 151 M$ en 2025-2026 et à des contraintes administratives (gel de recrutement, plafonnement des heures rémunérées) qui limitent grandement leurs marges de manœuvre.
« Dès la prochaine rentrée, les cégeps accueilleront des milliers de nouvelles personnes étudiantes partout au Québec. Ils sont appelés à faire plus pour répondre à une population étudiante en forte croissance et aux importants besoins de formation et de requalification du Québec. Dans toutes les régions, les cégeps jouent un rôle clé pour la formation de la relève, le rehaussement des compétences de la main-d'œuvre et le développement des communautés. Pour soutenir pleinement la réussite et la persévérance étudiantes, et afin de préserver et de renforcer l'accessibilité aux études supérieures partout au Québec, cela exige des investissements structurants et récurrents, à la hauteur des responsabilités confiées au réseau collégial public », a indiqué la présidente-directrice générale de la Fédération des cégeps, Marie Montpetit.
Principales demandes portées par la Fédération des cégeps :
En matière de réussite étudiante
Majorer et pérenniser les allocations pour les plans d'action en réussite et santé mentale, financer adéquatement les services aux personnes en situation de handicap et à besoins particuliers. Ces investissements nécessaires visent à améliorer les taux de diplomation et la persévérance. Demande chiffrée : 40 M$ en fonctionnement.
En matière de formation continue et de requalification
Assurer un financement récurrent et prévisible des attestations d'études collégiales (AEC) et des programmes de formation continue pour soutenir les besoins de formation continue, en particulier dans les secteurs clés, et les besoins de requalification dans l'ensemble des régions. Avec près de 1,4 million d'emplois à combler d'ici l'horizon 2033 par des personnes actuellement absentes du marché du travail, les cégeps sont des acteurs majeurs pour le rehaussement des compétences des travailleuses et travailleurs et pour le soutien aux PME à travers la province. Demande chiffrée : 25 M$ en fonctionnement.
En matière de recherche appliquée et innovation
Bonifier le soutien à la recherche collégiale et à l'innovation dans les cégeps et rehausser les enveloppes dévolues au Programme d'aide à la recherche sur l'enseignement et l'apprentissage (PAREA) et au Programme d'aide à la recherche et au transfert (PART) afin d'accroître le transfert technologique vers les PME et les retombées régionales. Alors que les cégeps réalisent chaque année plus de 13 000 projets en partenariat avec des entreprises locales, la capacité de recherche appliquée du réseau collégial doit être davantage soutenue. Demande chiffrée : 10 M$ en fonctionnement.
En matière d'infrastructures et équipements
Résorber le déficit de maintien d'actifs et financer la mise à niveau des bâtiments et du parc d'équipements (valeur de remplacement estimée à environ 11 G$, alors que seulement 35 % du parc est considéré en bon état). Cela est nécessaire pour permettre aux collèges de répondre pleinement à leurs obligations en matière de santé et de sécurité, notamment. La Fédération demande en outre d'allouer annuellement l'équivalent de 2 % de la valeur de remplacement pour la réfection (actuellement 0,4 %) et de financer la totalité des besoins en mobilier, équipements pédagogiques et outils de recherche, entre autres pour l'actualisation des programmes et l'intégration des technologies d'intelligence artificielle (IA). Demande chiffrée : financement pour la réfection des bâtiments (200 M$), financement pour la résorption du déficit d'entretien cumulé (675 M$) et financement des besoins en mobilier et équipement (75 M$), pour un total de 950 M$ en investissement.
Pourquoi agir maintenant ?
Sans investissements adéquats, le Québec risque de fragiliser la réussite étudiante, d'accentuer les inégalités d'accès aux études supérieures et de compromettre sa capacité à répondre aux besoins de main-d'œuvre et de développement régional.
La Fédération des cégeps demande au ministre des Finances d'intégrer ces priorités dans l'exercice prébudgétaire 2026-2027 afin d'assurer un financement stable, prévisible et suffisant pour que les cégeps puissent contribuer pleinement à relever les défis démographiques, technologiques, socioéconomiques et culturels du Québec d'aujourd'hui et de demain.
Pour plus d'information, le mémoire Investir dans les cégeps : Se donner les moyens de former et d'innover pour la réussite du Québec est disponible sur le site Web de la Fédération.






