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HabiloMédias
Quand il s'agit de publier des photos sur les réseaux sociaux, les adolescents sont tout sauf spontanés, selon une nouvelle étude



Le jeudi 20 avril 2017

Une nouvelle étude publiée le 19 avril par l'organisation à but non lucratif HabiloMédias et des chercheurs du projet eQuality Project montre comment les adolescents prennent soin de composer, sélectionner et même modifier les photos qu'ils partagent sur les réseaux sociaux pour construire et maintenir une image consciemment conçue. Le rapport Partager ou ne pas partager : Comment les adolescents prennent des décisions en matière de vie privée à propos des photos sur les réseaux sociaux révèle comment les adolescents décident des photos à partager en ligne, ainsi que les pressions qu'ils ressentent à l'effet de toujours publier des images qui les montrent sous le meilleur jour possible - sans toutefois se démarquer des autres.

Les adolescents interrogés utilisaient presque exclusivement Instagram et Snapchat pour le partage de photos, et ce qui fait en sorte qu'une photo est bonne selon ce qui est acceptable et souhaitable sur chaque plate-forme : on s'attend à ce que les photos Instagram aient l'air « professionnelles », tandis que les photos Snapchat sont tout aussi soigneusement composées pour avoir l'air agréables et spontanées.

L'étude suggère que les moyens que les jeunes doivent utiliser pour gérer leur vie privée en ligne limitent le potentiel de liberté d'expression des sites de partage de photos. Au lieu de cela, ces plates-formes sont devenues des espaces homogènes où il est important d'avoir « l'air social » sans trop se révéler soi-même. Cela se voit entre autres dans la réticence à montrer son visage en photos : en fait, les égoportraits représentaient moins du dixième des photos partagées par les adolescents et chaque participant a discuté du fait qu'une photo de son visage peut être facilement jugée ou mal interprétée. 

« Les adolescents que nous avons rencontrés travaillaient dur, en utilisant plusieurs comptes, afin de créer des versions soigneusement construites d'eux-mêmes pour leurs amis et le monde extérieur », affirme Jane Tallim, codirectrice exécutive de HabiloMédias. « En même temps, ils étaient contraints par des normes sociales qui les découragent à sortir du courant principal, ce qui est surprenant car nous avons tendance à penser que les sites de partage de photos sont des lieux où règnent la libre expression et la créativité », ajoute Tallim.

Voici quelques-unes des règles non écrites que suivent les adolescents lorsqu'ils prennent des décisions sur leur vie privée et sur la publicité sur les plates-formes de partage de photos :

  • publier uniquement des photos « sécuritaires » qui se tiennent loin des sujets controversés comme la politique, la religion, la sexualité et les races;
  • ne pas faire de capture d'écran à partir d'une photo sur Snapchat;
  • ne pas établir de contacts avec des étrangers en ligne (même si leur définition d'un « étranger » était très étroite);
  • bien paraître dans chaque photo, tout en faisant attention de ne pas se présenter dans un contexte sexualisé.

Les adolescents qui ont participé à l'étude semblaient peu comprendre que les plates-formes qu'ils utilisent sont commerciales ou comment leur utilisation permet à ces sociétés de rapporter de l'argent. Dans presque tous les cas, les adolescents n'avaient pas lu ou compris les politiques de confidentialité et les conditions d'utilisation des plates-formes. D'autre part, les adolescents avaient un fort sentiment que leurs photos sont leur propriété et estimaient que les sociétés devraient obtenir leur consentement pour les utiliser, de la même façon qu'ils s'y attendent de la part de leurs pairs.

Les conclusions soulignent la nécessité de sensibiliser les jeunes à propos de leurs droits et responsabilités en tant que citoyens numériques et de la manière dont ils participent à l'économie de l'information.

Le rapport Partager ou ne pas partager : Comment les adolescents prennent des décisions en matière de vie privée à propos des photos sur les réseaux sociaux est fondé sur les résultats d'entrevues menées en 2016 auprès d'adolescents de 13 à 16 ans. La recherche est un partenariat entre HabiloMédias et le projet eQuality Project et a été rendue possible grâce à la contribution financière du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada.

 
             

Adresse http://ameqenligne.com/detail_news.php?ID=633151
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