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L'UdeM lance le premier doctorat en bioéthique au Canada



Le mercredi 21 décembre 2016

Quelles sont les limites du dépistage prénatal? Faut-il légaliser la maternité de substitution? Faut-il autoriser le commerce d'organes, la xénogreffe, l'euthanasie? Voilà quelques questions éthiques qui préoccupent des scientifiques, des professionnels de la santé et des décideurs. Les réponses à ces questions sont inévitablement complexes, car elles concernent à la fois l'identité et la dignité humaine, des visions différentes de ce qu'est la notion de bien vivre, ainsi que les devoirs sociétaux envers les citoyens. Ce sont là quelques-uns des sujets abordés par la bioéthique, un domaine de recherche et de pratique qui s'est développé aux États-Unis à la fin des années 60. Comme nous le résume le professeur Bryn Williams-Jones, directeur des programmes de bioéthique à l'École de santé publique de l'Université de Montréal (ESPUM), «la bioéthique a commencé à partir des questions suscitées par l'expérimentation sur l'humain durant la Deuxième Guerre mondiale et elle s'est étendue à de multiples interrogations liées au développement des technologies de la santé, qui soulevait des enjeux de vie et de mort, et plus récemment aux questions de santé publique».

La bioéthique fait l'objet de recherches et de cours depuis plus de 30 ans à l'Université de Montréal. Elle est maintenant principalement étudiée à l'ESPUM. Trois professeurs permanents et une dizaine de professeurs associés s'y consacrent, chacun avec des programmes de recherche actifs ou des pratiques professionnelles dans un des grands secteurs de la bioéthique (l'éthique et les soins de santé, l'éthique et la santé des populations, l'éthique et les politiques de santé, l'éthique de la recherche). L'ESPUM héberge aussi BioéthiqueOnline, la seule revue savante de bioéthique bilingue et en libre accès au Canada, dont M. Williams-Jones est le rédacteur en chef. La formation en bioéthique à l'ESPUM est structurée autour de trois programmes de deuxième cycle - microprogramme, diplôme d'études supérieures spécialisées et maîtrise - qui attirent plus d'une vingtaine de nouveaux étudiants par année.

Comme le précise M. Williams-Jones, «jusqu'à récemment, nous offrions la possibilité de faire des études de troisième cycle dans la discipline, mais dans le cadre d'options dans les programmes en sciences humaines appliquées et en sciences biomédicales. À la fin novembre toutefois, après six ans de travail, nous avons reçu l'approbation ministérielle de lancer notre propre doctorat en bioéthique à l'ESPUM!»

Le nouveau programme est interdisciplinaire et appliqué, et s'appuie sur un comité de programme interfacultaire (membres de l'ESPUM ainsi que des facultés des arts et des sciences, de médecine, de droit et des sciences infirmières). Il accueille des candidats de tous les horizons - que ce soit le droit, la philosophie, la sociologie ou l'anthropologie par exemple - et des professions de la santé comme la médecine, les sciences infirmières ou le travail social. Le programme de doctorat en bioéthique accepte actuellement des demandes d'admission pour sa première session, qui débutera à l'automne  2017: «Plusieurs de nos étudiants inscrits au microprogramme et à la maîtrise en bioéthique pensent poursuivre leurs études au troisième cycle, et j'ai reçu des courriels de nombreux étudiants d'autres provinces canadiennes, d'Europe et d'Afrique qui désirent déposer une demande.» M. Williams-Jones a bon espoir de voir trois ou quatre étudiants s'inscrire annuellement dans le nouveau programme.

Faire carrière en bioéthique

«Domaine interdisciplinaire au carrefour des sciences sociales et de la santé, la bioéthique est devenue une préoccupation internationale, peut-on lire sur le site de l'ESPUM. Tous les citoyens, professionnels et gouvernements sont concernés par les questions éthiques liées à la santé et aux développements des sciences de la vie; et la bioéthique offre un vocabulaire accessible pour discuter des grands enjeux éthiques de notre époque.»

Les demandes formulées aux spécialistes de la bioéthique sont ainsi nombreuses, fait remarquer M. Williams-Jones, qui a lui-même obtenu en 2002, de l'Université de la Colombie-Britannique, son doctorat dans le domaine, mais dans un programme interdisciplinaire qui ne comportait pas la dénomination «bioéthique». À noter que la trentaine de diplômés des programmes de doctorat en sciences biomédicales et en sciences humaines appliquées, avec l'option Bioéthique, occupent aujourd'hui des postes liés à leur expertise. Ils sont professeurs ou chercheurs universitaires, ou travaillent comme conseillers en éthique dans les milieux cliniques, dans les comités d'éthique de la recherche ou dans la fonction publique pour l'élaboration et la gestion des politiques publiques. Il y a donc toutes les raisons de croire qu'une reconnaissance de la spécialité conférée par un doctorat en bioéthique va accroître les possibilités pour les diplômés de faire carrière dans un secteur innovant et en pleine croissance. 

 
             

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